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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 06:24
Val-d’Oise : des centaines de familles risquent de se retrouver à la rue
>Île-de-France & Oise>Val-d'Oise|Anne Collin|30 mai 2018, 20h35|MAJ : 30 mai 2018, 22h19|0
Nanterre (Hauts-de-Seine), ce mercredi 30 mai. Elus, professeurs, parents d’élèves, associatifs se sont réunis devant la préfecture pour manifester contre les expulsions des familles hébergées par le 115. (LP/E.D.)
 

Selon l’association Droit au Logement qui tire la sonnette d’alarme, 500 places d’hébergement d’urgence en hôtel fermeraient dans les prochains jours.

« Je ne sais vraiment pas comment on va faire », souffle Fatima*. Cette mère de famille est désespérée. Ce vendredi, elle doit quitter la chambre du petit hôtel d’Argenteuil dans laquelle elle vit depuis août 2017 avec son mari et son fils de 3 ans et demi. En effet, la famille, logée par le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), a appris au début du mois que leur hébergement d’urgence ne serait pas renouvelé.

« On appelle tous les mois le 115 et normalement, la chambre est renouvelée pour quatre semaines. Mais cette fois-ci on m’a dit que ce ne serait pas le cas… », précise-t-elle. Même angoisse et même scénario pour la famille de Kofi*, réfugié du Congo logé avec sa femme et sa fille de quatre ans depuis janvier 2017 dans un autre hôtel d’Argenteuil.

« Notre demande d’asile a été acceptée en octobre. J’ai entamé aussitôt une formation de cariste et là je cherche du travail activement. Mais en attendant, je n’ai rien du tout pour trouver un logement… », se désole-t-il. Ces deux familles, bien que logées dans le Val-d’Oise, ne dépendent pas du 115 du Val-d’Oise mais celui des Hauts-de-Seine. Elles espèrent un ultime sursis.

LIRE AUSSI >Hébergement d’urgence : vent de panique dans les Hauts-de-Seine
 

Des cas qui ne seraient pas isolés selon Droit au logement (DAL). Ce mercredi, le DAL et d’autres associations ont manifesté à Nanterre devant la préfecture, département le plus touché selon l’association, pour dénoncer une situation globale.

Car le Val-d’Oise n’échapperait pas à la réduction des nuitées d’hôtel gérées par l’Etat. Selon le DAL, 500 places d’hébergement en hôtel fermeraient ainsi dans les prochains jours rien que dans le Val-d’Oise. « Le 31 décembre dernier Emmanuel Macron annonçait aux Français « je veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd’hui sans abri ». Cette volonté s’est-elle évaporée avec les premiers rayons de soleil ? », interroge le DAL.

Pas d’objectifs de fermeture de places selon la préfecture

« L’Etat doit respecter le droit au logement. Et la loi est très claire, il doit orienter ses personnes jusqu’au relogement. Et si les préfectures n’ont pas assez d’argent pour payer les hôtels, elles n’ont qu’à faire des réquisitions ! Il existe des solutions », argumente Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du DAL.

Du côté de la préfecture, on assure qu’« il n y a pas d’objectif de fermeture de places préalablement » et que « le SIAO continuera d’héberger en fonction des critères de vulnérabilité et non sur la base d’un objectif chiffré ».

Mais selon les services de l’Etat, « il est évident que le nombre de places en été est plus faible qu’en hiver puisque le froid est un critère supplémentaire de vulnérabilité. « Cet été 2018, le Val-d’Oise disposera de plus de 1 000 places d’hôtels contre 650 à l’été 2017. Il n y a donc aucune baisse », répond la préfecture.

* Les prénoms ont été changés
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