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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 20:55

Val-d'Oise (95)

Au 7 mai, le département du Val-d'Oise était classé rouge par le gouvernement. Cette couleur a été attribuée au regard de trois critères : la circulation active du virus, la tension hospitalière en réanimation et la capacité en tests. La couleur du département détermine certaines modalités du déconfinement depuis le 11 mai, comme l'ouverture ou non des collèges, des parcs et jardins.

Dans ce département, 818 personnes étaient toujours hospitalisées au 7 mai, dont 64 en réanimation, en lien avec le Covid-19. Ce nombre était à son maximum le 9 avril, avec 188 patients en réanimation. Ramené à la population, le nombre de personnes en réanimation dans ce département est supérieur à la moyenne nationale. Cette donnée est particulièrement intéressante car elle "reflète la cinétique de l'épidémie et son impact le plus préoccupant", selon Jérôme Salomon, directeur général de la santé.

 

Nombre de malades du Covid-19 en réanimation pour 100 000 habitants.
Nombre de malades du Covid-19 en réanimation pour 100 000 habitants. (FRANCEINFO)

 

Le nombre total de décès liés au coronavirus dans les hôpitaux de ce département s’élève à 605 depuis le début de l’épidémie, soit 48,5 décès pour 100 000 habitants. À titre de comparaison, la moyenne nationale est de 24,5 décès à l'hôpital liés au Covid-19 pour 100 000 habitants. Dans le même temps, 1848 personnes sont retournées à domicile dans le département.

Enfin, le nombre de décès totaux, toutes causes confondues, sur la période du 1er mars au 20 avril 2020 dans le département du Val-d'Oise représente une surmortalité de 99% par rapport à 2019, selon l'Insee. Au niveau national, cette surmortalité est de 27%.

COVID 19 dans le Val d'Oise au 7 Mai

 

Une barre d\'immeuble de Bagnolet en Seine-Saint-Denis (photo d\'illustration).

L'Observatoire régional de santé d'Île-de-France a publié lundi un rapport sur la surmortalité en Île-de-France qui démontre qu'elle n'est pas homogène. Les "quartiers défavorisés" sont beaucoup plus touchés.

"Certains territoires sont plus vulnérables que d'autres parce que les populations qui y vivent sont plus vulnérables", explique mardi 12 mai sur franceinfo la directrice de l'Observatoire régional de santé d'Île-de-France, au lendemain de la publication d'un rapport sur la surmortalité liée au coronavirus en Île-de-France. Cette surmortalité n'est pas répartie "de façon homogène". Ainsi, entre le 1er mars et le 10 avril, la plus forte hausse concerne la Seine-Saint-Denis, qui a enregistré une augmentation du nombre de décès de 118,4% par rapport à la même période l'an dernier.

Ces habitants sont plus à risque d'être contaminés car "leurs conditions de logement sont assez défavorables", avec "des logements qui sont plus petits, plus de monde dans le logement, moins d'espace par personne, plus d'enfants et des enfants en bas âge", détaille Isabelle Grémy. Dans ces circonstances, "les gestes barrières sont beaucoup plus difficiles à mettre en place", ajoute-elle. Et même lorsqu'on les respecte, les nombreuses "parties communes qui sont très fréquentées" sont "indiscutablement des facteurs de risque de transmission".

Des territoires "pourvoyeurs de travailleurs clés"

Ces territoires très touchés par le virus sont également des "pourvoyeurs de travailleurs clés", indique la directrice de l'Observatoire régional de santé : "c'est tous ceux qui ont assuré le bon fonctionnement pendant cette période de confinement. Ce sont les gens qui travaillent dans les transports, ce sont les gens qui ramassent les déchets, ce sont tous les gens qui sont en relation avec le commerce d'alimentation, ce sont les livreurs, les postiers, les forces de l'ordre et évidemment, les soignants". "Ils représentent un demi-million de personnes en Île-de-France", sur les 12 millions d'habitants, et "9% de la population active", précise-t-elle.

Par ailleurs, les habitants des "quartiers défavorisés" avaient, avant l'épidémie, "une santé moins bonne que dans des quartiers aisés", souligne Isabelle Grémy. Les taux de diabète et d'obésité, "deux facteurs reconnus comme favorisant des formes graves de Covid", y sont plus importants. Elle signale également des différences d'espérance de vie allant jusqu'à "sept à huit ans" entre certains cantons.

Val-d’Oise. Covid-19 : Argenteuil frappée par une surmortalité de 109 %

Selon l'Insee, Argenteuil a connu un excédent de mortalité de 109 % entre le 2 mars et le 19 avril 2020.

Argenteuil fait partie des villes de plus de 100 000 habitants où la mortalité s'est envolée avec une hausse de 109 % entre le 2 mars et le 19 avril 2020 par rapport à la moyenne des décès enregistrés sur la même période entre 2015 et 2019.
Argenteuil fait partie des villes de plus de 100 000 habitants où la mortalité s’est envolée avec une hausse de 109 % entre le 2 mars et le 19 avril 2020 par rapport à la moyenne des décès enregistrés sur la même période entre 2015 et 2019. (© Jean-Paul Barbier/Actu.Fr)

C’est une étude qui chiffres à l’appui confirme que les Français ne sont pas égaux face au coronavirus. Selon l’Insee, la crise sanitaire a eu un impact sur le nombre de décès et ce sont les communes les plus denses qui ont payé le plus lourd tribut. Exemple avec Argenteuil qui fait partie des villes de plus de 100 000 habitants où la mortalité s’est envolée avec une hausse de 109 % entre le 2 mars et le 19 avril 2020 par rapport à la moyenne des décès enregistrés sur la même période entre 2015 et 2019. Sans que l’Insee ne précise dans quelle mesure la présence d’un hôpital sur le territoire de la ville la plus peuplée du 95, où ont été recensés des décès de malades non argenteuillais, a joué.

Lien entre densité et décès

Selon cette radiographie, la France comptabilise 22 140 décès supplémentaires (+ 26 %) sur les sept semaines passées au crible, toutes causes confondues. En effet, l’Insee n’est pas informé des causes de décès mais seulement de leur nombre et ne peut donc pas établir de corrélation certaine et directe. Cette mortalité tous azimuts reste cependant un très bon indicateur des dégâts entraînés par l’épidémie.

 

Publiée le 11 mai, cette étude met en évidence le lien étroit entre densité de la population et excédent des décès.

Plus le nombre de personnes est important dans un territoire restreint, plus le risque de contact est grand, avance l’Insee en guise d’explication. C’est dans les communes les plus denses que le surcroît de mortalité est le plus important (+ 49 % contre 26 % en France) bien que la population y soit en moyenne plus jeune. »

Sans surprise, l’Ile-de-France et le Grand Est sont les régions les plus sévèrement éprouvées par ce surcroît de mortalité. Mais cette vague de décès ne frappe pas toutes les communes très peuplées avec la même force. Parmi les villes de plus de 100 000 habitants (les seules référencées dans cette étude), Saint-Denis et Mulhouse connaissent la plus forte hausse de décès (+ 172 % et 165 %), suivies par Strasbourg (+ 111 %), Argenteuil (+ 109 %), puis Paris (+ 98 %) et enfin Montreuil (+ 90 %). À l’autre bout de l’échelle, Clermont-Ferrand, Brest ou Caen échappent totalement à cette recrudescence de la mortalité.

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