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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 16:11

Alors que le gouvernement n’a pris aucune mesure en ce sens, deux bailleurs sociaux déploient des dispositifs permettant de suspendre ou de reporter le paiement des loyers des ménages les plus précaires.

 Epinay-sur-Seine. Plaine commune habitat est l’un des deux bailleurs départementaux à avoir mis en place un dispositif de report ou de suspension des loyers des personnes les plus en difficulté. LP.

Elle s'est installée à la cité Gabriel Péri, à Saint-Denis en 2012. Pour la première fois, Alba* ne sait pas comment elle va payer les 700 € de loyer de l'appartement qu'elle occupe avec ses trois enfants et son mari.

Salarié d'un grand constructeur automobile, il a été placé au chômage partiel au début du mois. Une perte d'argent qui affecte fortement le ménage d'autant qu'Alba, en recherche d'emploi depuis plus d'un an, ne touche « aucune indemnité, ni aucune aide ».

« C'est difficile, ça tourne dans ma tête mais il n'y a rien à faire », souffle-t-elle au téléphone. Seule lueur d'espoir, la lettre glissée dans sa boîte aux lettres, lundi matin, indiquant que son bailleur social, Plaine Commune Habitat, a mis en place une cellule pour « traiter les situations difficiles au cas par cas ».

Plaine Commune Habitat propose un report partiel ou total

Ouverte lundi, elle permet aux locataires en difficulté de bénéficier « d'un report partiel ou total » du paiement de leur loyer. Une mesure exceptionnelle mise en place alors que le gouvernement n'a annoncé aucun moratoire sur les loyers des particuliers.

« J'ai écrit au 1er Ministre pour lui demander l'aide du gouvernement. Si on accompagne les entreprises, il faut aussi accompagner les ménages », plaide Laurent Russier maire PCF de Saint-Denis et président de Plaine Commune Habitat.

« Je lui ai demandé deux choses : d'abonder les fonds de solidarité logement et énergie et de permettre à la Caisse des dépôts et consignation de nous accorder des prêts à taux zéro pour reporter l'encaissement des loyers qui représentent 90 % de nos recettes. »

En attendant une réponse, la cellule « appui logement solidarité » commence à recevoir ses premiers appels. Et ils pourraient être nombreux sur un parc locatif qui compte près de 18 000 logements.

A Saint-Ouen, suspension du loyer contre déclaration sur l'honneur

Devant l'urgence, le bailleur social municipal de Saint-Ouen est passé à la vitesse supérieure. La Semiso, (Société d'économie mixte de Saint-Ouen) propose à « l'ensemble de ses locataires de suspendre ses loyers sur simple déclaration sur l'honneur afin de les étaler sur les 12 prochains mois, dès que la période de confinement sera levée ».

Pour supporter la mesure, le maire de la ville William Delannoy (UDI), a demandé au gouvernement des lignes de crédit. « Des prêts à taux négatifs comme ceux qui sont octroyés aux promoteurs immobiliers. » Car si plus de 20 % des locataires ont recours à cette mesure, le bailleur sera dans l'obligation d'emprunter.

« Je ne demande pas que l'Etat sorte le chéquier »

« Avec la baisse des APL, les bailleurs sont déjà très fragiles, estime l'élu. Il faut que l'Etat nous sécurise, on ne peut pas rajouter à la crise sanitaire, une crise sociale. Je ne demande pas que l'état sorte le chéquier mais qu'il nous assure le recours à l'emprunt ».

Un appel du pied relayé par le député PCF Stéphane Peu. Dans une question écrite au ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, il demande des mesures pour les loyers, comme il en existe pour les baux commerciaux.

« L'inquiétude monte à ce sujet, note le parlementaire. Parmi les gens qui sont au chômage partiel et qui ont des salaires modestes, beaucoup vont avoir du mal à garder la tête hors de l'eau.

Je propose de constituer un fonds de garantie, en s'appuyant sur la trésorerie du groupe Action Logement (qui gère la participation des employeurs à l'effort de construction), afin d'avancer le montant des loyers pour ceux qui auraient du mal à s'en acquitter. »

Ni Julien Denormandie, ni Edouard Philippe n'ont pour l'instant répondu aux élus de Seine-Saint-Denis qui les ont sollicités sur le sujet.

* Le prénom a été modifié

Seine-Saint-Denis : plusieurs bailleurs sociaux reportent le paiement des loyers

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