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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 17:04
CAMILLE BAUER
LUNDI, 31 JUILLET, 2017
L'HUMANITÉ
Douze mille logements sociaux ne pourront pas sortir de terre en raison de la décision du gouvernement Philippe d’annuler 184,9/millions d’euros. Hamilton/REA
Douze mille logements sociaux ne pourront pas sortir de terre en raison de la décision du gouvernement Philippe d’annuler 184,9/millions d’euros. Hamilton/REA
 

Le gouvernement a décidé en toute discrétion de procéder à d’importantes coupes budgétaires dans les secteurs de la construction de HLM et de la politique de la ville.

«Nous avons subi cette semaine une avalanche de mesures d’économies antipauvres », résume Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (ex-Fnars). La polémique sur la baisse généralisée des aides personnelles au logement n’était pas encore éteinte que le gouvernement a promulgué, vendredi 20 juillet, dans la plus grande discrétion, un décret annonçant d’importantes coupes budgétaires affectant la construction de logements sociaux et le travail associatif dans les quartiers populaires.

« Après une décision prise à la hussarde sur les APL, ce sont maintenant les logements très sociaux qui sont dans le viseur de Bercy », souligne Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui regroupe cinq fédérations d’offices HLM. Douze mille logements sociaux, dont la construction avait été planifiée, ne pourront pas sortir de terre en raison de la décision du gouvernement Philippe d’annuler 184,9 millions d’euros, en autorisation d’engagement, et 130,5 millions d’euros, en crédit de paiement, du budget « urbanisme, territoires et amélioration de l’habitat », relève l’USH.

46,5 millions d’euros de crédits à la politique de la ville annulés

Cette baisse survient dans un contexte déjà dégradé pour les organismes HLM. Le montant des aides à la pierre, c’est-à-dire le financement accordé par l’État aux bailleurs sociaux, a été réduit par les différents gouvernements pour ne plus atteindre que 250 millions d’euros à la fin du quinquennat Hollande. Pour bâtir, les organismes HLM doivent de plus en plus faire appel à leurs fonds propres, ce qui limite leur capacité de faire du très social, plus difficile à amortir. « C’est catastrophique, estime Florent Gueguen. Déjà, en temps normal, l’État finance 30 000 à 35 000 logements très sociaux par an, alors qu’il en faudrait le double pour faire face à la demande. Près de 900 000 personnes dans ce pays n’ont pas de domicile personnel… » Économiquement, la mesure ne semble pas non plus pertinente, souligne Florent Gueguen : « 40 % des sans-abri actuellement accueillis en hébergement d’urgence pourraient en sortir s’il y avait de la place dans le logement très social. Or, ils coûtent beaucoup plus cher à l’État en restant en centres d’hébergement. » L’emploi dans le secteur du bâtiment devrait aussi être touché par la réduction des budgets alloués à la construction, redoute l’USH.

À cette coupe s’en ajoute une autre, tout aussi inquiétante. L’association des maires Ville et banlieue est montée au créneau ce week-end contre l’annulation de 46,5 millions d’euros de crédits destinés à la politique de la ville, soit 11 % du budget total. Une décision « brutale et grave pour les quartiers populaires », prévient son président, Marc Vuillemot, maire (PS) de La Seyne-sur-Mer.

Cette autre réduction budgétaire concerne le « volet humain » qui accompagne les politiques de rénovation urbaine. En clair, tout le travail associatif mené à destination des publics les plus fragiles : aide aux devoirs, médiation vers l’emploi, prévention de la délinquance, soutien aux personnes âgées… Pour Ville et banlieue, cela fait courir « des risques de rupture grave des équilibres sociaux dans les territoires urbains où vivent près de 5 millions d’habitants ». Le verdict de Florent Guegen est également sans appel : « Ces mesures vont développer les inégalités et aboutir à un accroissement du taux de pauvreté. »

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Published by CGT Office Public AB-Habitat
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